
Alors que l’élection du prochain Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie se tiendra en novembre prochain au Cambodge pour un vingtième sommet, le débat ne pourra se limiter à une opposition de personnes ou de principes. À l’heure où la République Démocratique du Congo entend présenter un candidat, la question centrale sera celle d’un programme concret, enraciné dans le réel, capable de redonner à la Francophonie sa vitalité politique, culturelle et humaine, au bénéfice de ses peuples sur les cinq continents
Une élection décisive pour l’avenir de la Francophonie
L’élection du prochain Secrétaire général de la Francophonie se tiendra en novembre, lors du XXᵉSommet au Cambodge. À cette échéance, il ne suffira pas de s’opposer au mandat prolongé de l’actuelle Secrétaire générale. La question dépassera le simple choix d’un nom : il s’agira de déterminer quelle orientation concrète et mobilisatrice pourrait guider l’institution dans les années à venir.
La Francophonie ne pourra plus se contenter de routines, de discours abstraits ou de postures symboliques. Elle devra se reconnecter à ce qui fait sa force première : les peuples, les cultures, les gestes, les territoires et les aspirations concrètes de ses États membres. Car la Francophonie n’est ni un slogan ni un appareil administratif ; elle est une réalité vécue, incarnée et partagée.
Dans ce contexte, il convient de rappeler que la République Démocratique du Congo entend proposer un candidat pour le mandat à venir. Si cette candidature se concrétise, elle ne pourra se limiter à un geste politique ou diplomatique. Le futur candidat devra présenter un programme clair, méthodique et capable de produire un impact tangible pour l’ensemble des pays francophones.
La Francophonie, un monde vécu et non une abstraction
Le Sommet de Siem Reap rappellera avec force que la Francophonie n’est pas une abstraction. Elle se vit et se mesure dans l’expérience des peuples et des sociétés qu’elle rassemble, sur les cinq continents. Le futur Secrétaire général devra agir à la hauteur de cette réalité vivante, au-delà des mots et des stratégies symboliques.
La Francophonie ne devra pas se réduire à des procédures administratives ni à des oppositions de principe. Elle devra être un monde vivant : un espace fait de cultures, de gestes, de langues et de pratiques partagées, où l’institution prendra sens parce qu’elle sera éprouvée par les peuples. Maintenir le statu quo reviendrait à ignorer ces territoires concrets et à enfermer l’organisation dans des discours consensuels.
Chaque État membre, chaque citoyen francophone devra pouvoir sentir, vivre et reconnaître l’impact réel de l’action menée en son nom.
Agir avant de parler : la primauté de la méthode
La candidature qui l’emportera devra proposer un programme solide, structuré et mobilisateur. L’exemple de Son Excellence M. Khaled ElEnany à l’UNESCO montre qu’un projet bien défini peut orienter efficacement une institution. Élu sur un programme clair et structuré, il a mis en avant une vision centrée sur l’inclusion, la jeunesse et l’impact concret pour les sociétés, démontrant la force d’une direction qui s’appuie sur la méthode et le programme plutôt qu’uniquement sur la notoriété d’un nom.
La force d’un mandat reposera sur sa capacité à transformer le réel, et non sur la notoriété d’un nom ou sur des promesses abstraites. Le propre de l’homme est d’agir, de créer, de communiquer par le geste avant même de parler. Transposé à la conduite de la Francophonie, cela signifiera que le futur Secrétaire général ne se mesurera pas aux mots seuls. Il devra agir, produire des résultats concrets et mettre l’institution en mouvement.
Seule une approche fondée sur un programme clair, des actions identifiables et un suivi rigoureux permettra de conférer à la direction une légitimité durable, au-delà de toute critique du passé ou opposition abstraite.
Une institution qui respire et mobilise les cinq continents
Une véritable conduite de l’institution ne cherchera pas à produire de l’adhésion passive. Elle fera respirer la Francophonie, la laissera dépasser ses dirigeants et produire du sens. Elle dynamisera l’organisation, la rendra crédible et vivante, capable de mobiliser ses membres des cinq continents tout en plaçant l’Afrique au cœur de son action, sans déséquilibrer l’ensemble.
Les candidatures du Rwanda et de la République Démocratique du Congo devront incarner cette exigence. Elles devront démontrer qu’il est possible d’allier vision, méthode et enracinement dans le réel, afin de faire vivre la Francophonie comme un monde partagé et tangible, et non comme une simple construction administrative soumise à des logiques d’influence extérieure.
Conclusion : un souffle attendu par les peuples francophones
Le choix à venir ne se réduira ni à un nom ni à une opposition de principe. Il faudra un programme clair, méthodique et enraciné dans le réel, capable de produire des résultats concrets et de réinventer la dynamique de l’institution. La Francophonie ne pourra plus se permettre l’immobilisme : ses peuples, ses cultures et ses sociétés exigeront une conduite capable d’assumer des choix clairs et de les inscrire durablement dans le réel.
Un tel souffle redonnera à l’Organisation Internationale de la Francophonie la force de son idéal, avec l’Afrique et le monde au cœur de sa vision et de son action. Le futur Secrétaire général devra être le vecteur de cette transformation, démontrant qu’une gouvernance francophone peut être à la fois enracinée, méthodique et pleinement tournée vers le réel, au bénéfice de l’ensemble de ses membres.