Benoist Mallet Di Bento

Femmes Adapt’Climat : L’Afrique à la centralité des continents

Le changement climatique constitue un défi majeur du XXIe siècle, exacerbant les inégalités entre les populations en fonction de la géographie, de l’âge, des classes sociales, des revenus et du genre.

Au XVIe siècle, sous le règne du roi de France, Henri IV le Grand, son Surintendant des finances, le Duc de Sully, dans l’ouvrage «Les Œconomies royales,» évoque la France d’alors «Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou.» Cette citation fait un parallèle extraordinaire quand 65% des terres arables non cultivées dans le monde se trouvent en Afrique

Pourtant le continent importe chaque année des quantités considérables de produits alimentaires manufacturés venant de l’étranger ou produit localement par des multinationales de l’«agro-business» aux conséquences néfastes pour le climat, la santé tant alimentaire que sanitaire. De plus, l’Afrique est totalement éloigné de ses modes d’alimentation pour nourrir  sa population estimée à quelque 1,4 milliard d’habitants dont la plus grande majorité est composée de jeunes femmes de moins de 35 ans. 

La résilience des femmes africaines au climat

Le changement climatique constitue un défi majeur du XXIe siècle, exacerbant les inégalités entre les populations en fonction de la géographie, de l’âge, des classes sociales, des revenus et du genre. Le Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC) souligne que les populations vulnérables et marginalisées sont les plus exposées. Les populations pauvres, en particulier dans les pays en développement, subissent des impacts disproportionnés, nécessitant des stratégies d’adaptation urgentes. 

Les acteurs du secteur des ressources naturelles, notamment l’agriculture, ressentent ces effets de manière différenciée, selon le genre. Il est de plus en plus reconnu que les femmes sont particulièrement vulnérables, car elles représentent une part importante des populations pauvres et dépendent davantage des ressources naturelles menacées. Les disparités de genre se manifestent dans les rôles, les responsabilités, la prise de décision, l’accès à la terre et aux ressources, ainsi que dans les opportunités. À l’échelle mondiale, les femmes ont un accès limité aux ressources essentielles, telles que la terre, le crédit, les intrants agricoles naturels, les instances de décision, la technologie, la formation et les services de vulgarisation, ce qui entrave leur capacité à s’adapter aux changements climatiques. 

La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples 

Le très estimable Alain Supiot, professeur émérite au Collège de France voit dans la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples «la tentative juridique la plus remarquable d’appropriation des droits de l’Homme,» puis d’exprimer plus loin, «cette charte tout en reprenant à son compte les droits individuels figurant dans les déclarations occidentales, les insère dans une conception de l’Homme qui n’est pas celle de l’individu sujet insulaire, mais celle d’un être lié à ses semblables, qui tire son identité de son appartenance à une série de communautés,» et il conclut : «on peut penser que notre conception des droits de l’Homme gagnerait à prendre en compte certaines des ‘’valeurs africaines’’ (…). Ne pas séparer l’homme des relations qu’il entretient avec ses semblables, poser le principe de solidarité, affirmer le droit des peuples à la protection de leur environnement ou protéger la famille dans son rôle éducatif, voilà autant de ‘’valeurs’’ qui ne figurent pas dans la Déclaration universelle, mais qui n’en ont pas moins une portée universelle.»

La francophonie et les signes d’espérance 

L’historien et philosophe Amadou Hampâté Bâ évoquant sa mère Kadidja disait d’elle «tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons, nous le devons une fois seulement à notre père, mais deux fois à notre mère.» Alors oui, pour une francophonie différentielle promouvant une politique d’entente, libre et solidaire, de coopération propice à l’autonomie économique et sociale de la femme africaine ; à l’établissement d’une politique francophone pour une paix internationale non belliqueuse ; à la constitution d’une politique francophone n’étouffant pas les enjeux climatiques et alimentaires. En conséquence, unissons nos pouvoirs pour sauvegarder notre maison commune, la Terre. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut