Benoist Mallet Di Bento

quand la gastronomie, le sport et la Francophonie deviennent des passerelles entre les territoires

Robert Fopa, Président de l’Association Internationale Culture Sans Frontière (AICSF), Membre des associations et clubs UNESCO et créateur de la Marmite d’Or

Robert Fopa est un entrepreneur engagé dans la valorisation gastronomique et culturelle. À travers la Marmite d’Or, il œuvre à révéler les talents, les savoir-faire et les territoires qui font la richesse de la gastronomie. Originaire du Cameroun et profondément attaché à la gastronomie française, il défend une vision ouverte du patrimoine culinaire : un espace de transmission, de dialogue entre les cultures et de rayonnement francophone.

Dans cette contribution, Robert Fopa partage sa conviction que la gastronomie constitue un langage universel capable de rapprocher les peuples, de valoriser les territoires et de créer de nouvelles passerelles entre l’Afrique, la France et l’ensemble des espaces francophones.

Les territoires ont une âme : la gastronomie comme mémoire et identité

Je suis convaincu d’une chose : les territoires ont une âme. Cette âme se raconte à travers leurs cultures, leurs traditions, leurs paysages, leurs savoir-faire et leur capacité à partager ce qu’ils ont de meilleur avec le reste du monde.

Parmi ces langages universels, la gastronomie occupe une place particulière. Elle rassemble, elle transmet, elle crée du lien. Elle est à la fois une mémoire du passé, une expression du présent et un formidable outil pour construire l’avenir.

L’Afrique, une richesse gastronomique encore trop méconnue

Originaire du Cameroun, j’ai grandi avec cette richesse culturelle où la cuisine est bien plus qu’une nécessité quotidienne. Elle est un héritage familial, une histoire collective, un moment de rencontre et de partage. Elle raconte un territoire, ses ressources, ses influences et son identité.

L’Afrique possède une extraordinaire diversité gastronomique. Elle ne peut se résumer à une seule image ou à une seule tradition culinaire. Chaque territoire, chaque communauté, chaque génération porte des savoir-faire spécifiques, des produits singuliers et des histoires qui méritent d’être davantage connus et valorisés.

Cette richesse reste pourtant encore largement méconnue au niveau international. Faire découvrir les cuisines africaines, c’est donc contribuer à une meilleure connaissance du continent. C’est montrer une Afrique créative, innovante, ouverte sur le monde, capable de valoriser ses propres racines tout en dialoguant avec les autres cultures.

Les femmes, gardiennes d’un patrimoine culinaire vivant

Mais cette transmission gastronomique repose aussi sur des femmes et des jeunes filles qui, dans de nombreuses sociétés africaines, jouent un rôle essentiel.

Ce sont souvent elles qui préservent les recettes, maîtrisent les gestes, transmettent les techniques et font vivre au quotidien une mémoire culinaire héritée de leurs mères et de leurs grands-mères.

Valoriser la gastronomie africaine, c’est donc aussi reconnaître ces actrices essentielles, parfois invisibles, qui contribuent à préserver un patrimoine vivant et à transmettre une identité culturelle aux générations futures.

La santé dans l’assiette : nourrir les corps et préserver les cultures

La gastronomie ne concerne pas seulement le plaisir du goût. Elle est aussi intimement liée à notre santé, à notre équilibre et à notre manière de prendre soin de nous-mêmes et des autres.

Depuis toujours, les cuisines du monde portent des connaissances liées aux produits, aux saisons, aux modes de préparation et aux équilibres alimentaires. Derrière chaque recette traditionnelle, il existe souvent une histoire, une adaptation à un environnement, une connaissance des ressources locales et une manière de transmettre un rapport harmonieux à l’alimentation.

C’est cette conviction qui est au cœur de la démarche autour de la « santé dans l’assiette » portée par la Marmite d’Or des cuisines du monde. Valoriser les cuisines traditionnelles, ce n’est pas seulement préserver des recettes : c’est aussi rappeler l’importance d’une alimentation de qualité, du choix des produits, du respect des saisons et de la transmission des bonnes pratiques alimentaires.

Les ateliers de cuisine participent pleinement à cette mission. Ils sont des espaces d’apprentissage, de rencontre et de partage où les générations peuvent se retrouver, où les savoirs circulent et où chacun peut reprendre conscience du lien entre alimentation, culture et bien-être.

La cuisine devient alors un véritable outil d’éducation et de lien social. Elle peut accompagner les familles, sensibiliser les jeunes générations et créer des moments de dialogue entre des personnes venues d’horizons différents.

Dans cette approche, les cuisines du monde ne sont pas seulement des expressions culturelles à préserver : elles sont aussi des ressources pour construire une alimentation plus consciente, plus responsable et plus respectueuse des territoires.

Prendre soin de son alimentation, c’est aussi prendre soin de son patrimoine, de son environnement et de son avenir.

La gastronomie, un langage universel au cœur de la Francophonie

Cette vision rejoint pleinement l’esprit de la Francophonie. La langue française est un espace de rencontre entre des peuples différents, une communauté de cultures qui choisissent le dialogue plutôt que l’isolement.

La gastronomie participe à cette même dynamique : elle crée une rencontre directe, humaine et universelle.

Je suis également profondément attaché à la gastronomie française, à son histoire, à son exigence et à son rayonnement international. La France a construit une véritable culture du goût, fondée sur la transmission des savoir-faire, la reconnaissance des producteurs et la valorisation des territoires.

Le dialogue entre les traditions culinaires françaises et africaines représente une formidable opportunité de coopération : échanges entre producteurs, collaborations entre chefs, valorisation des produits locaux, développement économique et création de nouvelles passerelles entre les territoires.

La Marmite d’Or : révéler les talents et valoriser les territoires

C’est dans cet esprit que la Marmite d’Or prend tout son sens.

Ce projet n’est pas seulement une reconnaissance gastronomique. Il est un outil de valorisation des territoires, des producteurs, des artisans, des chefs et de toutes celles et ceux qui contribuent à faire vivre une identité culinaire.

La gastronomie devient alors un levier d’attractivité, de développement local et de rayonnement culturel. Elle participe à une approche durable du développement en valorisant les ressources locales, la transmission des savoir-faire, l’entrepreneuriat et les coopérations entre territoires.

Du savoir-faire culinaire à l’excellence sportive : des valeurs communes

Cette philosophie de l’excellence et de la transmission, je la retrouve également dans le parcours de mon fils Xavier, dont l’itinéraire dans le MMA a marqué une étape importante du sport de combat français.

À travers son engagement sportif, son parcours de haut niveau et aujourd’hui ses activités de transmission auprès du public, Xavier illustre des valeurs auxquelles je suis profondément attaché : le travail, la discipline, le respect, la maîtrise de soi et la capacité à se dépasser.

La gastronomie et le sport de haut niveau peuvent sembler appartenir à deux univers éloignés. Pourtant, ils reposent sur des fondamentaux communs : l’apprentissage permanent, la recherche d’excellence, l’humilité face à l’effort et la volonté de transmettre son expérience aux générations suivantes.

Dans les deux domaines, rien de durable ne se construit sans engagement, sans patience et sans passion.

La cuisine comme facteur de paix et de concorde

Dans un monde où les tensions existent encore entre les peuples, je crois profondément que la cuisine peut être un facteur de paix et de concorde.

S’asseoir autour d’une table, découvrir les saveurs d’une autre culture, comprendre l’histoire d’un plat ou d’un produit, c’est déjà créer un espace de dialogue.

La gastronomie permet une rencontre qui dépasse les différences et contribue à rapprocher les peuples.

Elle rejoint ainsi les grandes ambitions portées par les Objectifs de développement durable des Nations unies : valoriser les territoires, soutenir les initiatives locales, renforcer les partenariats, préserver les patrimoines culturels et favoriser une société plus inclusive et plus solidaire.

Construire une diplomatie gastronomique francophone

Demain, la gastronomie francophone peut jouer un rôle majeur dans cette diplomatie culturelle.

Elle peut permettre aux territoires africains, européens et francophones de mieux se connaître, de développer des échanges économiques et humains et de construire ensemble de nouveaux projets.

Mon ambition est donc de continuer à créer des passerelles entre ces univers : la gastronomie, le sport, les territoires et la Francophonie.

Parce qu’au-delà des différences, ce sont souvent les passions communes, les savoir-faire et les moments de partage qui rapprochent les peuples.

La cuisine nourrit les corps, mais elle nourrit aussi les relations humaines. Elle est une mémoire, une identité, une transmission et un dialogue. Elle peut devenir l’un des plus beaux chemins vers une meilleure compréhension entre les cultures.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut