
Face à l’accumulation des désastres, les élites françaises perdues dans leurs insensées hallucinations euro-atlantiste.
Comme le rappelle très brillamment M. Ilyes Zouari, Président du Centre d’étude et de réflexion sur le Monde Francophone (CERMF) dans le magazine Stratégies : «Vaste comme trois fois, l’Union européenne, l’Afrique francophone souffre pourtant d’une marginalisation médiatique (NDA et politique) en France, atteignant des sommets inégalés ailleurs dans le monde francophone ; une aberration, d’autant que cet espace connaît une double émergence, démographique et économique (NDA et culturel), faisant de lui un important relais de la croissance mondiale»
Pas suffisamment d’espace pour s’exprimer
Aujourd’hui, 1,2 milliard de jeunes de 15 à 24 ans représentent 16 % de la population mondiale. D’ici à 2030, échéance fixée pour la mise en œuvre des 17 Objectifs de développement durable (ODD), le nombre de jeunes devrait augmenter de 7 %, pour atteindre près de 1,3 milliard d’individus.
D’après une étude des Nations Unies, 70% des jeunes estiment qu’ils n’ont pas suffisamment d’espace pour s’exprimer dans les débats publics et qu’ils ne peuvent pas faire part de leurs préoccupations et de leurs idées.
La seule puissance est la force de l’amour
En amont du Sommet Afrique-France de Montpellier en octobre 2021, l’universitaire camerounais M. Achille Mbembé avait remis au Président Emmanuel Macron un rapport pour la création d’une part, de la Maison des mondes africains à Paris et, d’autre part, la création de la Fondation de l’innovation pour la démocratie créée en 2022 à Johannesburg par le même universitaire.
Dans sa profession de foi, M. Achille Mbembé, rappelle que «l’intelligence collective ne naît pas spontanément. Elle requiert l’invention de nouvelles méthodes de formation, d’entrainement et d’animation. Des modèles pédagogiques endogènes existent. Ils sont, pour la plupart, ancrés dans l’histoire, la mémoire et les héritages locaux.» Et d’ajouter : «mobilisés à bon escient, ils pourraient inspirer maintes expériences neuves et permettre de forger de nouveaux paradigmes de la démocratie sortis de l’humus africain. Encore faut-il les documenter, les étudier, les réactualiser, les transformer en ressources pédagogiques de premier plan et les diffuser.»
Pour le continent africain, le temps presse, la Fondation de l’innovation pour la démocratie, ne sera-t-elle pas créatrice en associant par une démocratie directe, la jeunesse, les femmes… sans se soustraire des détenteurs des traditions orales ? Sans ignorer les héritages immémoriaux des patrimoines et matrimoines matériels, immatériels que l’Afrique représente ?
Opportunité institutionnelle
Le programme jeunesse de l’UNESCO a développé des outils pour favoriser une compréhension commune et une culture institutionnelle visant à promouvoir l’engagement significatif des jeunes dans les politiques et programmes pertinents pour eux. Ces outils ont pour objectif de développer les capacités des institutions, notamment les institutions nationales, publiques, et privées (gouvernements, organisations de la société civile, institutions académiques, médias et entreprises privées).
Opportunité jeunesse
L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a mis en place le Réseau international de la jeunesse de la Francophonie (RIJF) organisé autour du réseautage de la jeunesse francophone, souhait exprimé par 10 000 jeunes francophones qui ont répondu à la Consultation Jeunesse «La Francophonie de l’Avenir» et la centaine d’organisations de jeunesse ayant participé au symposium de 2021.
Un vivifiant acteur du royaume de Belgique vers une Civilisation francophone en devenir
De tous les continents, la jeunesse aspire à un irrépressible désir de liberté. Et comme le rappelle Achille Mbembé dans son éditorial «les nouvelles générations veulent sortir des tête-à-tête stériles et retrouver le goût de penser et d’agir ensemble. On ne libérera cette énergie que par plus de démocratie et par un recentrement des projets de transformation sociale autour de l’idée du vivant. (…) pour mettre en mouvement ces forces nouvelles. Tant en matière d’innovations conceptuelles que d’actions concrètes, il s’agit désormais de prendre appui sur les modèles locaux inspirants et les ressources cognitives endogènes, en faisant dialoguer les intelligences et les expériences de terrain. C’est ainsi que l’on enracinera le projet démocratique (…) dans le temps long.»